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Le véhicule connecté

janvier 2017

Entretien avec Gilles Corde, responsable du programme logiciels et services pour les transports à IFP Energies nouvelles (IFPEN)

Gilles Corde

Le véhicule connecté, c’est quoi ?

Il s’agit d’un véhicule - voiture ou tout autre moyen de transport individuel comme les deux-roues ou les camions - équipé de façon à être connecté avec l’extérieur. Un véhicule est connecté lorsqu’il intègre des systèmes de connectivité sans fil lui permettant de collecter des informations qu’il pourra ensuite exploiter : musique stockée sur son smartphone via le Bluetooth(1), film stocké dans le Cloud grâce à la 4G LTE, informations de distance avec une connectivité radar, données de géolocalisation avec les systèmes GNSS(2), etc. -. Le véhicule connecté distribue également des informations à l’extérieur, notamment sur les autres véhicules et les infrastructures, via un boîtier équipé d’une carte SIM qui remonte des données d’usage vers le Cloud(3).

Toutes ces données, qu’elles soient reçues ou envoyées par le véhicule, pourront être utilisées pour offrir au conducteur des services variés allant de l’info-divertissement au calcul de la consommation d’énergie en passant par l’établissement d’une assurance à l’usage pay-as-you-drive ou encore pay-how-you-drive.

On se dirige donc vers des véhicules de plus en plus serviciels, pour lesquels les caractéristiques mêmes du produit deviendront secondaires.
  
                                                   Mobilité connectée   
                                   Animation à voir sur la Chaîne YouTube IFPEN

 

A quoi ça sert ? Quels sont les impacts de son développement ?

Les intérêts d’un véhicule connecté peuvent être multiples, à la fois pour son propriétaire et pour répondre à des problèmes plus généraux liés aux transports.

Par l’optimisation des trajets – durée mais aussi consommation de carburant – le véhicule connecté peut permettre à son propriétaire de faire des économies tout en ayant un impact plus réduit sur l’environnement, avec un rejet de CO₂ moins élevé. Par une meilleure connaissance des conditions et de l’environnement extérieurs en temps réel – ce qui met fin à la problématique de l’obsolescence des informations disponibles - le véhicule connecté fait gagner du temps au conducteur en empruntant des itinéraires moins fréquentés tout en limitant de fait la congestion des routes. La conduite est également plus sécurisée à la fois pour le conducteur et les véhicules voisins.

Bien équipée, la voiture connectée est plus agréable à conduire et plus sûre ; et par la progressive autonomisation(4) attendue, elle deviendra un nouvel espace d’échanges, de travail ou de détente.

 

Comment contribuez-vous au développement de véhicules toujours plus connectés ?

IFPEN développe des innovations technologiques – produits ou logiciels – accompagnant la mobilité de demain. Nous proposons des services logiciels pour les véhicules connectés autour de l’optimisation énergétique, la sécurité, et l’accompagnement à l’électrification.

Nous avons notamment développé l’application d’éco-conduite grand public GECO permettant de réduire de 10 à 15 % sa consommation de carburant.
  

Nous avons également développé une autre application : GECO air, disponible sur l'Apple Store, qui mesure les émission polluantes liées à nos déplacements et nous donne des conseils pour les diminuer.

Nous étudions également des solutions logiciels et services pour la gestion de flottes, notamment pour monitorer le CO des parcs de véhicules, et in fine réduire la consommation. Pour accompagner ces évolutions, l’électronique embarquée nouvelle génération doit être plus communicante et flexible. Dans ces marchés émergents, nous travaillons de plus en plus avec les nouveaux acteurs – PME et start up - de l’éco-mobilité.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quels sont les développements attendus du véhicule connecté ?

A l’heure actuelle, les connexions passent essentiellement par le smartphone du conducteur. Bientôt l’électronique du tableau de bord du véhicule sera directement connectée et non seulement enverra des informations vers l’extérieur mais se fera le miroir – mirroring  – du smartphone. On y retrouvera l’ensemble des fonctionnalités du smartphone et la connectivité sera garantie. Cette évolution dans l’électronique de bord se généralisera d’ici seulement trois ans. D’ici 2017 également, sur décision de la Commission Européenne, tous les véhicules neufs devront être connectés a minima pour pouvoir passer automatiquement un appel d’urgence en cas d’accident ; un service appelé e-call.

Le véhicule connecté est donc d’ores et déjà une réalité. A l'horizon 2020, on estime que 80 % du parc sera connecté. Mais pour atteindre cette diffusion en masse, il reste à le faire accepter par la population, inquiète du risque de piratage et de l’utilisation des données, thématique hautement discutée aujourd’hui. Le défi pour les artisans de la voiture connectée réside donc dans la mise en place de solutions sûres (installation de logiciels pare-feu, chartes d’utilisation des données) pour faire accepter ces changements par les automobilistes.

 

Le véhicule autonome, une autre réalité

Il est fréquent de confondre véhicule connecté et véhicule autonome, ce dernier renvoyant pourtant à une toute autre réalité et d’autres technologies.

En effet, le véhicule autonome ou à délégation de conduite utilise des technologies d’électronique embarquée (capteurs, caméras, radars) de façon à créer un véhicule qui ne soit d’une part « plus aveugle ni sourd », et qui d’autre part soit capable de prendre des décisions à la place du conducteur en fonction des informations qu’il capte (freiner, dépasser, se garer…). Contrairement au véhicule connecté et pour une question de sécurité, il peut assurer l’autonomie du véhicule et ceci indépendamment du réseau qui peut rencontrer occasionnellement des problèmes.

Il existe 5 niveaux de délégation de conduite, le véhicule autonome étant le 5e, l’aboutissement de la délégation de conduite. Si la délégation de conduite va se développer pour des fonctions délicates (se garer) ou pour renforcer la sécurité (freinage d’urgence), en lien notamment avec le vieillissement de la population, le véhicule sans conducteur, 100% du temps reste encore une utopie.

   
(1) Technologie qui rend possible l'échange bidirectionnel de données à très courte distance et utilisant des ondes radio UHF, permettant ainsi de supprimer les liaisons filaires.

(2) Géolocalisation et Navigation par un Système de Satellites

(3) Espace de stockage géré par un serveur distant auxquels les usagers se connectent via une liaison Internet sécurisée pour accéder à des informations avec tout type de contenu.

(4) Voir encadré sur le véhicule autonome.
    

>> En savoir plus : Logiciels d'ingénierie et véhicules connectés
    

  

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