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Prix du pétrole : impacts sur l'économie française

18 Février 2015

IFPEN anticipe un prix du pétrole compris entre 50 et 70 $/b en 2015,  hors situations exceptionnelles

Le prix du pétrole (Brent) en recul de 48 % (42 %) exprimé en $ (en €)
   
Sur le début d’année 2015 (au 16 février), le prix du pétrole (Brent) s’établit à 50,6 $/b et 43,9 €/b, soit un recul de respectivement 49 % et 41 % par rapport à 2014.
   
(L’Euro, à 1,15 $, a perdu 13 % sur la même période)

Un recul de 13 % environ sur le prix des produits pétroliers en France début 2015
  
Les produits pétroliers ont bénéficié début 2015 du recul du pétrole. Par rapport à 2014, le gain s’établit à 20 ct€/l pour l’essence et à 16 ct€/l pour le gazole.
  
Compte tenu du niveau des taxes (65 % sur l’essence et 58 % sur le gazole désormais), la baisse en valeur relative n’est que de 13 %.
  
Au prix actuel du Brent de 60 $/b, les produits seraient impactés de plus de 5 ct€/l environ.

Une baisse du prix du gaz en Europe
  
Le prix de marché (spot) du gaz a fortement reculé en 2014 sous l’effet de la baisse de la demande, perdant 23 % pour s’établir à 21,2 €/MWh (8,25 $/MBtu). Le prix des contrats indexés en partie sur le pétrole (part moyenne de 40 %) se situait à 27 €/MWh (10,5 $/MBtu). Sur la base des données de début 2015, les prix spot et les prix contrats pourraient se situer à respectivement 20,8 et 22,2 €/MWh (7 à 7,5 $/MBtu).

Remarque : le prix du pétrole n’a pas d’impact direct significatif sur le prix de l’électricité. En France et en Allemagne, celui-ci est influencé essentiellement par le charbon (prix mini) et le gaz (prix maxi).

  

A 60 $/b, la facture pétrolière et gazière française pourrait reculer de 14 G€ en 2015
  
En prenant en compte le recul de 100 $/b en 2014 à 60 $/b en 2015 pour le pétrole et de 21,2 €/MWh à 20,8 €/MWh pour le gaz, la facture pétrolière et gazière, qui a perdu 10,7 Mrd€ en 2014, serait encore réduite de 13,8 Mrd€ en 2015, soit 0,6 % du PIB.
  
L’usage des économies réalisées par les particuliers (dépenses ou épargne) ou par les entreprises (investissements, actionnaires) déterminera les conséquences pour l’économie.

 

Des adaptations nécessaires du secteur pétrolier et parapétrolier
  
L’ensemble des compagnies pétrolières prévoient des ajustements baissiers de leurs investissements et de leurs dépenses en 2015. Des réductions de l’ordre de 10 à 20 % des investissements au niveau mondial et de 20 à 40 % aux États-Unis sont évoquées.
      
Total a indiqué, lors de la présentation de ses résultats le 12 février, un recul de 10 % de ses investissements organiques de 26 Mrd$ à 23/24 Mrd$, portant sur les futurs projets et les projets moins rentables. Le budget d’exploration est réduit de 30 % passant à 1,9 Mrd$ en 2015. Les coûts opératoires seront réduits de 1,2 Mrd$ contre 0,8 Mrd$ prévus en septembre.
  
Concernant le secteur du raffinage, l’effet prix est limité dans la mesure où le prix des produits suit le prix du brut. La problématique de surcapacité pour l’Europe reste entière. La pétrochimie européenne (base naphta, lié aux prix du pétrole) améliore ses marges, ce qui réduit l’écart de compétitivité avec la pétrochimie américaine (base éthane, issue du gaz naturel).
  
L’impact sur le secteur parapétrolier sera variable en fonction du positionnement des entreprises. Les entreprises présentes dans le secteur de l’exploration seront immédiatement impactées, ce domaine d’activité étant le plus touché par les réductions d’investissement des entreprises pétrolières. L’impact dépendra aussi du niveau d’activité dans certains pays fragilisés par la baisse du prix du brut (Russie, Venezuela) ou par des affaires de corruption (Brésil). De même, l’impact en Amérique du Nord sera plus important, les investissements pétroliers et gaziers étant traditionnellement plus sensibles aux variations de prix, comme on le constate actuellement (- 28 % depuis septembre pour les activités de forage). 
  
Globalement, une adaptation sera nécessaire en particulier en termes de réduction des coûts des offres de service. Une standardisation renforcée des équipements et des services est une voie envisagée, solution difficile à mettre en œuvre dans la mesure où elle dépend en grande partie des choix spécifiques de chaque opérateur pétrolier.

En savoir plus :

+ Prix du pétrole : tendances et impacts
   Fil d'actu IFPEN du 16 Février 2015

+ Zoom : "Comprendre la baisse des prix du pétrole et ses impacts - En 18 questions" >>  Entretien avec Olivier Appert, président d'IFP Energies nouvelles

+ Panorama 2015 : "Mutation du secteur automobile : Quelles réponses technologiques aux nouvelles tendances de la mobilité ?"


 

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